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Le DLA,

Accompagner et Développer

vos projets associatifs

 

 

Le DLA (Dispositif Local d'Accompagnement) permet aux associations employeuses de bénéficier de l'appui de professionnels pour développer leurs projets et consolider leurs emplois.

 

En Seine-Saint-Denis, le dispositif est porté par la FOL 93 depuis janvier 2007. Il s'inscrit dans la continuité des autres actions d'accompagnement et de formation proposées par la FOL 93 en direction des acteurs associatifs du département.


En 2008, la FOL a accompagné 100 associations dans le cadre du DLA, issues des 3/4 des villes du département, avec une représentation importante des structures de Plaine Commune1 et de Montreuil, et représentant des secteurs d'activité très divers : culture (27% des associations accompagnées), insertion par l'activité économique (23%), service à la personne (15%), environnement, sport, jeunesse, médiation, logement... Au total, ces associations représentent 2350 emplois hors intermittents.

 

Les étapes de l'accompagnement

 

Le "diagnostic partagé" et le "plan d'accompagnement"

Dans un premier temps, le-a- chargé-e de mission DLA établit avec les responsables de l'association un "diagnostic partagé" pour mettre à plat la situation de l'association et repérer les axes sur lesquels agir. Le diagnostic permet à l'association de prendre le temps de se questionner sur son évolution et ses projets et d'avoir un regard extérieur sur son activité et sa stratégie.

A partir de cette phase d'état des lieux se construit un "plan d'accompagnement" constitué d'actions à mettre en euvre par l'association et éventuellement de propositions d'interventions, individuelles ou collectives, de spécialistes auprès de l'association.

Le diagnostic partagé et le plan sont soumis à un comité d'appui constitué de responsables institutionnels et associatifs qui apportent leurs connaissances du secteur d'activité de l'association et du territoire pour enrichir l'accompagnement proposé.

 

Des accompagnements individuels par des experts

Les chargé-e-s de mission du DLA recherchent des intervenants spécialisés dans un secteur ou sur une thématique parmi les fédérations, réseaux, associations, cabinets de conseil qui se portent volontaires pour conduire ce type de mission.

En 2008, la majorité des accompagnements ont porté sur des réflexions globales autour du renouvellement du projet associatif, la réflexion sur une stratégie de consolidation de l'emploi ou l'évolution de l'activité. D'autres accompagnements plus techniques ont porté sur la gestion comptable, l'organisation interne, la fiscalité, l'opportunité de maintenir une activité...
Les accompagnements individuels ont une durée moyenne de 3-4 jours et se déroulent sur une période de 3 à 12 mois.


Des accompagnements collectifs

Lorsque plusieurs associations rencontrent des problématiques proches, le DLA peut proposer des accompagnements collectifs. A titre d'exemples, en 2008, le DLA a organisé 10 accompagnements collectifs auxquels ont participé 58 associations.

Ces accompagnements ont porté sur des thématiques transversales au secteur associatif (le management, la mise en place d'un plan de formation, la méthodologie de projet) et des thématiques sectorielles (la recherche de mécénat pour des associations culturelles, la prévention des risques financiers et la démarche commerciale pour des structures de l'insertion par l'activité économique, la modulation du temps de travail pour des associations de services à la personne).

Les accompagnements collectifs sectoriels sont conçus avec les réseaux partenaires du DLA : Inser'Eco 93 et Realise pour l'Insertion par l'Activité Economique, Evolia 93 pour le secteur des services à la personne. Le Fonds Territorial de France Active, Garances, s'est également associé en 2008 à l'accompagnement des SIAE2 sur la prévention des risques financiers.

 

Un suivi du DLA

Les chargé-e-s de mission DLA suivent le déroulement des accompagnements individuels et collectifs et en font le bilan avec les responsables associatifs afin de mesurer l'apport de l'accompagnement et d'envisager d'autres besoins d'accompagnement.

Quelques mois après l'accompagnement individuel ou collectif, l'association peut reprendre contact avec le DLA et réciproquement pour mesurer l'impact du DLA sur la structure, mettre à jour le diagnostic et éventuellement proposer un autre accompagnement.

 

 

L'accompagnement du DLA est gratuit et résulte d'une démarche volontaire de l'association. Pour les associations qui en bénéficient, l'accompagnement permet de répondre à des difficultés techniques (comptables, management, méthodologique...) et au-delà, il donne l'occasion aux divers membres de l'association, administrateurs bénévoles, salariés, de travailler ensemble autour du projet associatif et de prendre du recul sur leur pratique, il permet souvent de remobiliser une équipe associative.


Pour en savoir plus et solliciter un rendez-vous, contactez Muriel Wolfers, Evelyne Martens et Estelle Verdier au 01.48.96.25.21 ou par mail : fol93.dla@orange.fr

 


Quelques exemples d'accompagnements du DLA

L'association Arts 93 Communique, Compagnie de danse Elolongué


Marguerite Mboule est présidente de l'association Arts 93 Communique, une compagnie de danse œuvrant à la démocratisation de la culture pour les jeunes implantée à la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis. L'année passée son association a bénéficié du DLA. Pour elle, c'est « un dispositif très intéressant » et elle considère que « l'association a eu de la chance d'en bénéficier ».

Si Arts 93 Communique s'est tournée vers le DLA c'est qu'ils « sentaient bien que des choses n'allaient pas » et qu'ils souhaitaient bénéficier « d'un regard extérieur ». Car comme l'évoque Marguerite Mboule il est difficile de prendre du recul sur les activités que l'on mène lorsque l'on y est immergé en permanence.

 

La phase de diagnostic du DLA a mis en évidence les points forts de l'association (son implantation locale, son réseau, la qualité de ses interventions sur le quartier) et ses points de fragilité et notamment l'absence de plan de pérennisation du poste de son administratrice en CAE (Contrat d'Accompagnement vers l'Emploi).

 

L'association Belokane, spécialisée dans l'accompagnement de projets culturels, a été missionnée par le DLA pour aider l'association à adopter une organisation interne plus structurée et à élaborer une stratégie de développement.

Le travail sur des scénarios de budget a permis aux responsables de Arts 93 Communique de mettre en place et de s'approprier quelques outils de gestion simples qui « permettent une meilleure organisation, plus rationnelle, plus en adéquation avec nos activités ». L'association s'est donnée des règles d'organisation, elle prend à présent le temps d'organiser chaque semaine des réunions pour faire le point, elle a revu la répartition des tâches et des rôles entre salariés et bénévoles... Enfin, la consultante de Belokane leur a fait remarquer que la partie artistique de l'association, la Compagnie Elolonguè, était occultée par l'importance donnée à ses activités d'ateliers en direction du quartier. L'association a pris conscience de la nécessité de rééquilibrer ses activités dont chaque aspect participe d'un même projet. Pour mieux établir les modalités de ce positionnement et pour « optimiser et réadapter les solutions aux réalités », Arts 93 communique aimerait bénéficier d'un second accompagnement.

 

Les Enfants du Jeu transmettent leur savoir-faire au Centre Social l'Orange Bleue

Le centre social, qui intervient sur le quartier du Bas-Clichy, a sollicité le DLA dans le but de « monter un espace ludothèque ». Ce nouvel élément est devenu « un élément pivot » tant dans l'accueil que dans la gestion des relations parents/enfants.

C'est l'association Les Enfants du Jeu, elle-même animatrice d'une ludothèque à Saint-Denis, qui a accompagné le centre social. Le premier accompagnement en 2008 a permis de concevoir l'espace ludothèque, ses objectifs et son mode de fonctionnement concret, de rédiger le projet pédagogique et de réaliser les premières demandes de financement pour aménager l'espace. L'espace ludothèque a ouvert début 2009 et un second accompagnement est prévu en fin d'année pour faire le point après quelques mois d'animation, pour accompagner la mise en oeuvre de l'évaluation de l'espace et envisager son évolution. Une demande d'emploi-tremplin dédié à l'Espace Ludo a été déposée en début d'année. Selon Thierry Fichou, coordinateur enfance du centre, l'association a véritablement été « d'un grand secours ». C'est un dispositif qu'il " conseillerait à d'autres associations".

 

L'association Frères Poussières, compagnie de théâtre amateure

Guilaine est administratrice à l'association Les Frères poussières, elle aussi bénéficiaire du DLA. Il s'agit d'une compagnie de théâtre amateur qui a entrepris depuis 2006 la réhabilitation d'un ancien théâtre à Aubervilliers. Le DLA leur a semblé nécessaire pour « connaître les besoins et recentrer certaines choses ». Le but était d'une part de pérenniser les emplois et d'autre part d'optimiser leur gestion du lieu.

L'association Prémisses, spécialisée dans l'accompagnement de projets culturels, sollicitée pour l'accompagnement, a travaillé avec les responsables sur l'organisation du travail, la répartition des tâches et a comptabilisé le temps de travail. Cette analyse les a conduit à revoir les profils de postes des salariés et à envisager la création d'un nouveau poste à temps partiel. Dans la perspective de pérenisation du poste emploi-tremplin notamment dont bénéficie les Frères Poussière, la consultante a analysé la rentabilité des différentes activités, conseillé la structure sur le développement de ses ressources propres et réalisé un argumentaire permettant de mettre en évidence l'utilité sociale du projet afin de la valoriser dans ses demandes de subventions et de mécénat.

 

L'association JADE, association d'insertion socioprofessionnelle 

JADE est une association de formation et d'insertion oeuvrant à La Courneuve depuis plusieurs années, elle développe notamment une action importante d'auto-école associative. Au fil du temps, elle a développé une activité de "chantier second oeuvre" pour permettre à des jeunes de bénéficier d'un contrat de travail et de se former à ce type de métier. Confrontée à la fin des financements du FSE (Fonds Social Européen), elle s'interrogeait sur la possibilité de transformer cette activité en chantier d'insertion agréé par la DDTEFP.

Le réseau Chantier-Ecole, qui fédère des chantiers d'insertion, a été sollicité pour accompagner la conception du projet de JADE. L'accompagnement a porté sur la transmission des principes de l'insertion par l'activité économique, l'organisation concrète du chantier, la définition des profils de postes d'encadrants, le financement du chantier. Le chantier a été conventionné et a commencé fin 2008, il salarie actuellement 6 jeunes.

L'accompagnement par une fédération associative reconnue sur ce secteur a également permis à JADE de s'inscrire dans un réseau professionnel et de bénéficier de temps de formation et d'information dans une période de transformations importantes du secteur suite au Grenelle de l'insertion en 2008.


 

 

La Section Loisirs de Rosny-Sous-Bois est issue de la section loisir du patronage laïque de la ville. Elle a débuté de manière très informelle avec des billets gratuits pour le Théâtre de la Ville fournis par la Fédération de la Seine (qui recouvrait alors l'ancien département de la Seine avant la création de la Seine-Saint-Denis en 1967) à certains de ses adhérents. Ceux-ci ont d'abord pris l'habitude de se partager les billets et d'aller au théâtre ensemble. Plus tard les billets gratuits ont disparu mais la Section Loisirs était née, réunissant d'abord des enseignants. 
Aujourd'hui, l'association est animée par une équipe entièrement bénévole qui assure même la distribution du courrier de ses membres dans toute la ville de Rosny-Sous- Bois. 

Le but de l'association est de « faire en sorte que les gens puissent se détendre ». Le public est essentiellement issu du troisième âge dont la provenance dépasse largement les frontières de Rosny-Sous-Bois. Les adhérents viennent de tout le 93 pour participer aux diverses activités proposées par l'association. Le point fort de la Section Loisirs reste le théâtre mais elle s'est élargie aux expositions, aux concerts et même aux randonnées, très prisées. Tous les ans, l'association organise également deux petits voyages en province et un voyage à l'étranger. Ils sont partis à Venise, Londres, Malte, en Tunisie. Mais un des meilleurs souvenirs de Jean Rouaud, président de l'association, va à Prague où ils ont été reçus en grande pompe avec champagne et musiciens avant un concert classique. Des « souvenirs excellents » cependant, il y en a « un peu à chaque fois », « la manière dont on est reçus », les « liens qui se créent avec les conducteurs de cars ...».
Dans l'association, Jean Rouaud apprécie « beaucoup les contacts avec tout le monde, les adhérents mais aussi les directeurs de théâtre, c'est très intéressant ». 

Grâce à l'association, Jean Rouaud entend faire découvrir aux gens « ce qu'ils ne verraient pas tout seuls ». Leur programmation fait la part belle aux chemins de traverses, à l'inattendu et à l'insolite. Cette année par exemple la Section Loisirs s'est déplacée à Dijon, la ville « que l'on traverse en autoroute sans jamais s'y arrêter ». Pour leur offrir le meilleur des sorties culturelles, les membres de l'association sont accompagnés par deux conférenciers agréés, dont l'un est spécialisé en histoire.

Le but de l'association est aussi de démocratiser la culture. Pour cela, des places moins chères sont proposées, notamment pour l'opéra, pas toujours accessible à tous les porte-monnaie.
Elle entend également assurer un véritable service de proximité. En effet, lors des sorties, le bus loué par l'association s'arrête en 8 points différents de la ville pour éviter aux rosnyens de se déplacer ... et les inciter à participer aux sorties. 

La Section Loisirs de Rosny-Sous-Bois est une des associations affiliées à la FOL 93 qui compte le plus d'adhérents. Au cours  de la saison 2007/2008 elle a organisé 87 sorties pour quelques 311 adhérents. C'est parce qu'elle représente un fort poids associatif qu'elle a décidé cette année d'entrer au conseil fédéral de la FOL 93. Ainsi la Section Loisirs peut imprimer sa voix à un mouvement de plus grande ampleur et participer, peut être, à des actions communes. 

Cette année l'association met le cap sur Berlin et Saint-Jacques de Compostelle. On leur souhaite pléthore de nouvelles découvertes.


 Jean Rouaud, président de La Section Loisirs de Rosny-Sous-Bois à qui Michel Bourguignon, président de la FOL 93 a remis la médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports lors de l'assemblée générale de la FOL 93 en 2008.

Contactez la section loisirs au 01.43.00.54.69.

Néozonde est une webradio de 4 ans d'âge créée et gérée par 6 jeunes de 16 à 18 ans. Depuis fin 2008, les jeunes se sont constitués en junior association. Cette habilitation leur permet d'appartenir au Réseau National des Juniors Associations, de bénéficier d'une assurance, d'ouvrir un compte bancaire, de faire des demandes de subventions et ainsi d'être reconnus par les institutions au même titre qu'une association loi 1901. Le dispositif leur permet également d'être accompagnés par la FOL 93 dans la réalisation de leurs projets et dans la découverte de la vie associative.

Une webradio est une radio qui diffuse ses programmes via internet. A l'origine, c'est Didier, actuellement vice-président de l'association qui a imaginé une webradio pour « parler avec les gens du collège après les cours ».  Débattre, discuter de sujets d'actualité, graves ou légers, est un des axes d'action de la webradio. L'objectif de Néozonde s'est finalement élargi. A présent un des fers de lance de l'association est de promouvoir des artistes peu connus et de tous les horizons. Rock, pop, rap, chanson française, jazz, Néozonde ne se refuse rien et c'est tant mieux. La plupart des artistes sont amateurs mais la webradio diffuse aussi quelques professionnels. En plus d'une play-list diffusée 24h/24h, Néozonde programme des chroniques et des émissions tenues en fonction des goûts et des spécialités de chacun, forcément éclectiques. A titre d'exemple Simon, le président, est plutôt rock, alors que JC, l'informaticien de Néozonde, est plutôt ragga.
Grâce à la webradio, Simon et les autres ont affirmé avoir « découvert plein de groupes vachement sympas », développé une « facilité à s'exprimer » mais aussi eu la possibilité de « débattre ».
Pour preuve, le souvenir le plus marquant reste, pour eux, une nuit blanche mémorable pendant laquelle ils ont animé une émission avec quelques poignées d'auditeurs fidèles.

Néozonde se place plutôt bien dans le classement des webradios. Elle a réussi à rassembler une centaine d'auditeurs en même temps. De plus, le public de cette webradio ne se cantonne pas aux lycéens et aux collégiens. Selon eux, leurs auditeurs sont de tout âge et – formidable avantage de la webradio- de tous pays : des auditeurs il y en a jusqu'aux Etats-Unis et même jusqu'à Djibouti.
Simon, président de la junior association, affirme qu'il « préfère la webradio à une vraie antenne de radio » car sur une « vraie » radio, il y a « moins d'interactions ». La webradio permet en effet à certains auditeurs de dialoguer en direct et en public avec les animateurs. De plus il n'est pas rare qu'en dehors des émissions, Néozonde et son public discutent via la plate forme de discussion en ligne, MSN. 
Néozonde cultive une idée conviviale, presque intime de l'animation radio. Discuter, partager des goûts et des idées avec tous, c'est aussi ça l'esprit de Néozonde.

Fidèle à leur époque, leur communication est pour l'instant, exclusivement numérique. La publicité se fait sur Msn (1), Facebook (2) sur des forums (3) mais aussi sur le blog de l'association. Ce dernier outil est à la fois une plateforme de promotion des artistes et de valorisation des logiciels libres qu'ils défendent avec conviction.
L'équipe travaille actuellement sur une nouvelle version de leur webradio, ce qui suppose l'arrêt temporaire de leur activité d'animation. L'occasion pour les auditeurs fidèles d'exprimer leur attachement à Néozonde. L'équipe est (agréablement) débordée de messages les poussant à reprendre leur place à l'antenne.

Pour continuer et améliorer son action, la webradio aimerait posséder de meilleurs outils. Après avoir largement exploité les atouts de leurs chambres respectives, les membres de Néozonde aimeraient disposer d'un véritable studio d'enregistrement. En attendant, les jeunes animateurs poursuivent leurs études avant de devenir trader (Didier), ingénieur (Simon) ou informaticien( JC).

Le nouveau site de Néozonde : www.neozonde.fr



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1 . MSN Messenger est le nom donné au service de Microsoft qui permet de converser en temps réel avec d'autres utilisateurs du service sur internet.
2 . Facebook est un site Web qui permet de se créer un espace personnel et d'échanger des éléments personnels (photographies ...) et professionnels avec un réseau social constitué d'amis et de relations diverses.
3 . Les forums sont un service permettant discussions et échanges sur un thème donné : chaque utilisateur peut lire à tout moment les interventions de tous les autres et apporter sa propre contribution sous forme d'articles. 
 
L'ANGI (Association de la Nouvelle Génération Immigrée) est née dans un contexte particulier, Hamouda Hertelli, le directeur général de la structure estime que la création de l'association est indissociable de son contexte social et politique.
En 1939 un décret interdit le droit de s'associer aux étrangers. De fait, des associations existent, agissent mais ne sont pas reconnues officiellement. En 1981, François Mitterrand l'abroge. C'est également l'année où l'ANGI voit le jour à Aubervilliers.
L'association se veut un espace pour apprendre, comprendre et lutter contre l'enfermement communautaire et ethnique. A l'ANGI, il n'y a pas de religions, pas de communautés, seulement des humains venus chercher de l'aide, de l'espace ou de la chaleur humaine.  En 1983 se déroule la « marche des beurs », une manifestation de grande ampleur,  pour l'égalité des peuples, menée par des immigrés pendant deux mois de la province jusqu'à Paris. Dans la continuité, l'ANGI entend lutter avec la même intensité contre toutes les formes de racisme et de discrimination. 

Au sein de de la FOL 93, l'ANGI défend les droits des  humains à la reconnaissance, la culture et à l'égalité.

Son action se tourne vers différents types de publics et en premier lieu vers les populations fragilisées. Elle propose notamment un accompagnement administratif et juridique, joue le rôle d'écrivain public et propose pour les femmes des cours d'alphabétisation. Le but est de faciliter l'insertion sociale, d'informer et d'assister les personnes en fragilité dans les démarches qui leur sont difficiles. Hamouda Hertelli possède un placard entier de dossiers juridiques de personnes en attente de régularisation. Ce qui montre l'ampleur de l'action autant que l'ampleur du problème.
 
Une grande partie des actions de l'association s'adresse au jeune public (enfants et adolescents) en complément du temps scolaire. Pratiques artistiques, accompagnement scolaire, sensibilisation à la citoyenneté, le but est de rendre l'enfant actif dans son apprentissage. Selon Hamouda Hertelli, les enfants « manquent souvent d'espace » pour s'exprimer et s'épanouir. L'ANGI offre ce lieu et permet aux enfants de construire leur parcours scolaire et professionnel sur une base intéressante faite d'esprit critique et de créativité. 
Dans ce cadre, l' ANGI  réalise tous les ans une exposition thématique avec un groupe d'enfants.
Cette année le thème choisi est la liberté. Ils ont utilisé pour base une fable de La Fontaine « Le chien et le loup ».  Le chien est dans la fable le symbole d'une confortable servitude alors que le loup représente une liberté décharnée, souffrante mais indépendante. Selon Hamouda Hertelli, 90 % des enfants, s'ils avaient eu le choix, auraient préféré être le loup.
Avec l'aide d'un plasticien et de l'équipe de l'ANGI les enfants ont matérialisé la fable sur les murs  via des dessins et des collages. Ils ont ensuite chacun conçu leur propre vision de la liberté et de la servitude en découpant des personnages dans du carton noir. C'est ainsi qu'un homme dans une cage, des représentations de la colère et de la guerre côtoient des figures d'oiseaux libres de toute contrainte. 

Le but est de faire réfléchir les enfants à la notion compliquée de la liberté car pour Hamouda, la meilleure chose que l'ANGI puisse faire est de « faire prendre conscience des choses ». Car il faut d'abord comprendre les failles avant de les combler. Dans cette optique l'ANGI diffuse aux jeunes des films à fort potentiel de réflexion, comme « Les temps modernes » ou « Vol au dessus d'un nid de coucous ». Selon Hamouda, développer l'esprit critique n'est pas chose facile car « le formatage est très fort ».

Parallèlement, l'ANGI anime toute l'année et pour tous, la galerie d'art Art'O, des projections/débats et accueille des pièces de théâtre. En créant un espace culturel de proximité, où l'on peut entrer par hasard, l'ANGI entend resserrer les liens des habitants du quartier avec la culture.

L'association agit de manière individuelle sur les maux que les immigrés et les déclassés connaissent dans notre société. Hamouda concède que ce type d'intervention peut avoir un effet à l'échelle individuelle mais avoue son impuissance à résoudre les problèmes de manière globale.

Le but ultime de l'association est de « donner du sens » à la société. Hamouda Hertelli voudrait un monde qui « arrête de marcher sur la tête » et qui fonctionne selon d'autres logiques que celle du marché. Et en effet nous dit-il , qu' « est ce qui est le plus important, l'humain ou le marché ? »

Contactez l'ANGI au  01 48 34 85 07 

 

L'association ASTI SIGLE est née en 1981. Elle est venue au monde de façon informelle lorsqu'un groupe d'habitants de Clichy-sous-Bois a décidé d'assurer le rôle d'écrivain public pour les personnes immigrées maîtrisant mal le français. Par cette activité, ces habitants ont mieux mesuré les problèmes, les manques et les obstacles auxquels étaient confrontée cette population.
Le but de l'association est de la soutenir, de l'accompagner et de l'informer de ses droits et de ses devoirs. Pour cela, l'ASTI tient une permanence d'informations aux droits et propose des cours d'alphabétisation.
Auparavant l'association proposait également des activités éducatives périscolaires, mais les réformes récentes de l'accompagnement scolaire ne permettent plus aux associations d'y participer. Néanmoins, l'ASTI aimerait à l'avenir reprendre ces activités sous une forme ou sous une autre.

En 1984 une école de Montfermeil refuse d'inscrire des enfants d'immigrés dans son établissement. Un collectif d'associations auquel appartient l'ASTI se mobilise pour protester. C'est à cette époque que Monique Legrand, enseignante dans cette école, commence à côtoyer l'ASTI. De fil en aiguille elle intègre l'association puis le conseil d'administration jusqu'à devenir présidente. Son rêve est de donner des cours de français mais son rôle de présidente ne lui donne pas le temps nécessaire.

Les cours de français sont menés selon certains principes. Les « stagiaires » sont des femmes adultes et elles doivent être considérées comme telles. Le but est d'inclure les cours de langue de leur quotidien afin que leur apprentissage soit immédiatement exploitable. Les formateurs préfèrent employer l'expression d'  « atelier socio-linguistique » plutôt que celui de cours de français. « Ici on apprend pas l' ABCD, vous avez d'autres besoins, d'autres priorités dans votre vie » explique Fouzia, formatrice, lors d'une séance.
L'oral prend une place très importante dans les ateliers. « J 'essaie de les faire parler un maximum » explique-t-elle car la « priorité, c'est qu'elles puissent s'exprimer ».
Des intervenants extérieurs sont régulièrement invités pour parler de sujets divers qui vont de la contraception au fonctionnement des titres de transports. L'association organise également des sorties, en général totalement gratuites, pour leur faire découvrir la culture française. En février, une sortie était notamment prévue au château de Vincennes pour familiariser les stagiaires avec l'histoire de France et les sortir de leur quotidien.

Pour Monique Legrand, la relation d'apprentissage n'est pas à sens unique. Elle affirme « apprendre des tas des choses sur les gens, sur le fonctionnement de la société » et en tirer « un grand plaisir ».

Cette manière d'aborder la transmission des connaissances propre à l'éducation populaire place l'ASTI « tout à fait dans l'optique de la Fédération des Oeuvres Laïques». Elle est d'ailleurs membre du conseil fédéral. L'association soutient particulièrement les actions menées par Cécile Sajas au sein du secteur Education à la différence de la fédération. Elle a notamment participé à l'opération « Jouons la carte de la fraternité » dans le cadre de laquelle des enfants écrivent des messages de tolérance sur des cartes postales, qu'ils envoient par la suite à des personnes choisies au hasard dans l'annuaire.

Visiblement émue, Monique Legrand évoque un projet réalisé l'année dernière.
En 2008 l'ASTI a fait appel à une formatrice issue des réseaux d'échanges réciproques de savoirs pour animer un atelier inédit : la réalisation de carnets de voyages en matériaux de récupération par les femmes des ateliers de français. « Elles ont fait des choses magnifiques » appuie Monique Legrand, à tel point que les livres ont fait l'objet de plusieurs expositions, notamment à la bibliothèque de Clichy-Sous-Bois.
Cela a également été « un moment d'entraide et de partage formidable » que l'ASTI prévoit de renouveler dans l'année.

Cette année l'ASTI prévoit aussi de faire renaître de ses cendres une activité que l'association n'a pu conserver pour des raisons immobilières : la halte d'accueil. Ce lieu permettait aux femmes stagiaires de faire garder leurs enfants gratuitement pendant la durée de leur cours. Le lieu était fondamental car beaucoup de femmes abandonnent les ateliers en raison de la charge que représentent les enfants et du manque flagrant de structures d'accueil.

L'ASTI organise également chaque année la « fête du printemps », une journée de partage et d'échanges conviviaux autour de plats préparés par les stagiaires.

Grâce aux cours, certaines femmes ont trouvé du travail, ou en ont changé pour un travail plus intéressant. D'autres femmes ont été présentées au certificat d'étude pour adultes qui leur permet de valider les compétences acquises. Toutes gagnent en aisance, car les cours de l'ASTI sont essentiellement orientés vers l'expression et la créativité. Des stagiaires ont même pris l'habitude de dire des contes aux réunions ou lors d'évènements particuliers.

A l'ASTI des femmes content, se racontent, échangent, apprennent et avancent. L'ASTI constitue un lieu essentiel de soutien et d'entraide pour que puissent s'exprimer les voix de celles que l'on n'entend pas.

Contactez l'ASTI au 01.43.32.51.66 

 
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