L'ANGI, en lutte pour les droits humains

Publié le 6 Mai 2009

L'ANGI (Association de la Nouvelle Génération Immigrée) est née dans un contexte particulier, Hamouda Hertelli, le directeur général de la structure estime que la création de l'association est indissociable de son contexte social et politique.
En 1939 un décret interdit le droit de s'associer aux étrangers. De fait, des associations existent, agissent mais ne sont pas reconnues officiellement. En 1981, François Mitterrand l'abroge. C'est également l'année où l'ANGI voit le jour à Aubervilliers.
L'association se veut un espace pour apprendre, comprendre et lutter contre l'enfermement communautaire et ethnique. A l'ANGI, il n'y a pas de religions, pas de communautés, seulement des humains venus chercher de l'aide, de l'espace ou de la chaleur humaine.  En 1983 se déroule la « marche des beurs », une manifestation de grande ampleur,  pour l'égalité des peuples, menée par des immigrés pendant deux mois de la province jusqu'à Paris. Dans la continuité, l'ANGI entend lutter avec la même intensité contre toutes les formes de racisme et de discrimination. 

Au sein de de la FOL 93, l'ANGI défend les droits des  humains à la reconnaissance, la culture et à l'égalité.

Son action se tourne vers différents types de publics et en premier lieu vers les populations fragilisées. Elle propose notamment un accompagnement administratif et juridique, joue le rôle d'écrivain public et propose pour les femmes des cours d'alphabétisation. Le but est de faciliter l'insertion sociale, d'informer et d'assister les personnes en fragilité dans les démarches qui leur sont difficiles. Hamouda Hertelli possède un placard entier de dossiers juridiques de personnes en attente de régularisation. Ce qui montre l'ampleur de l'action autant que l'ampleur du problème.
 
Une grande partie des actions de l'association s'adresse au jeune public (enfants et adolescents) en complément du temps scolaire. Pratiques artistiques, accompagnement scolaire, sensibilisation à la citoyenneté, le but est de rendre l'enfant actif dans son apprentissage. Selon Hamouda Hertelli, les enfants « manquent souvent d'espace » pour s'exprimer et s'épanouir. L'ANGI offre ce lieu et permet aux enfants de construire leur parcours scolaire et professionnel sur une base intéressante faite d'esprit critique et de créativité. 
Dans ce cadre, l' ANGI  réalise tous les ans une exposition thématique avec un groupe d'enfants.
Cette année le thème choisi est la liberté. Ils ont utilisé pour base une fable de La Fontaine « Le chien et le loup ».  Le chien est dans la fable le symbole d'une confortable servitude alors que le loup représente une liberté décharnée, souffrante mais indépendante. Selon Hamouda Hertelli, 90 % des enfants, s'ils avaient eu le choix, auraient préféré être le loup.
Avec l'aide d'un plasticien et de l'équipe de l'ANGI les enfants ont matérialisé la fable sur les murs  via des dessins et des collages. Ils ont ensuite chacun conçu leur propre vision de la liberté et de la servitude en découpant des personnages dans du carton noir. C'est ainsi qu'un homme dans une cage, des représentations de la colère et de la guerre côtoient des figures d'oiseaux libres de toute contrainte. 

Le but est de faire réfléchir les enfants à la notion compliquée de la liberté car pour Hamouda, la meilleure chose que l'ANGI puisse faire est de « faire prendre conscience des choses ». Car il faut d'abord comprendre les failles avant de les combler. Dans cette optique l'ANGI diffuse aux jeunes des films à fort potentiel de réflexion, comme « Les temps modernes » ou « Vol au dessus d'un nid de coucous ». Selon Hamouda, développer l'esprit critique n'est pas chose facile car « le formatage est très fort ».

Parallèlement, l'ANGI anime toute l'année et pour tous, la galerie d'art Art'O, des projections/débats et accueille des pièces de théâtre. En créant un espace culturel de proximité, où l'on peut entrer par hasard, l'ANGI entend resserrer les liens des habitants du quartier avec la culture.

L'association agit de manière individuelle sur les maux que les immigrés et les déclassés connaissent dans notre société. Hamouda concède que ce type d'intervention peut avoir un effet à l'échelle individuelle mais avoue son impuissance à résoudre les problèmes de manière globale.

Le but ultime de l'association est de « donner du sens » à la société. Hamouda Hertelli voudrait un monde qui « arrête de marcher sur la tête » et qui fonctionne selon d'autres logiques que celle du marché. Et en effet nous dit-il , qu' « est ce qui est le plus important, l'humain ou le marché ? »

Contactez l'ANGI au  01 48 34 85 07 

 

Rédigé par fol 93

Publié dans #Les associations affiliées

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