Italie

Publié le 31 Août 2007

Italie : quid des libertés fondamentales ?

L'acquittement, par la Cour de Cassation italienne, de trois membres d'une famille musulmane coupables de séquestration et de sévices à l'encontre d'une jeune fille suscite de vives réactions et des interrogations sur une société multiculturelle en gestation. Cette décision a justement choqué bien au delà des milieux militants féministes et laïques. Elle repose sur une interprétation aberrante du " respect des cultures ". Or, ce respect ne peut en aucun cas se manifester à l'encontre des principes démocratiques les plus élémentaires. Les lois italiennes, les Conventions européennes et internationales signées par l'Italie, affirment ces libertés fondamentales. Ce sont d'abord elles qui doivent être respectées. Au delà de ces limites, le respect des cultures cesse d'être légitime et positif pour l'intégration. Il produit même l'effet inverse : un enfermement dans un particularisme absolu.

La brusque mutation de la société italienne, de société nationale vers une société multiculturelle, le contexte imposant du face-à-face séculaire entre l'Eglise catholique et l'Etat, la relative faiblesse de cet Etat, la volonté de lutter contre la xénophobie croissante, le caractère minoritaire du mouvement laïque, le quasi monopole des universitaires catholiques dans l'étude de ces faits, peuvent contribuer à expliquer la décision de la Cour.

Il ne faut sans doute pas y voir l'expression d'une doctrine arrêtée, comme le montre, par exemple, son refus du remboursement de la circoncision par une décision du 15 mars 2007, beaucoup moins médiatisée. S'impose donc, plus que jamais, la nécessité d'une réflexion rationnelle, européenne et méditerranéenne sur ces questions émergentes.

Un dossier sur la diversité et la laïcité en Italie est en ligne sur :

http://www.laicite-laligue.org/

Rédigé par fol 93

Publié dans #La Ligue Prend Position

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