Cicatrices : résiliences, un film de Gabriel Gonnet

Publié le 7 Juillet 2010

C'est dans le prestphoto-resilience.pngigieux auditorium de la Maison du Barreau de Paris qu'a été organisée une projection-débat du documentaire Cicatrices : résiliences. Film co-produit par une des associations affiliées à la ligue de l'enseignement-FOL93, La Cathode (production et distribution de films). Une soirée co-organisée par le réalisateur du film et directeur de la Cathode, Gabriel Gonnet, au côté de Monique BOURY, Avocate Présidente du Comité Français des ONG pour la liaison et l’information des NATIONS UNIES, à l'occasion de la parution du livre « Résiliences, Cicatrices, Rébellion » tiré du documentaire.


    La soirée s'est déroulée en deux parties : la diffusion du long métrage de Gabriel Gonnet, Cicatrices : résiliences, suivi d'un débat en présence d'experts sur la relation entre le droit et la résilience. Après une brève présentation du réalisateur, la salle s'assombrit, le film commence. Quatre parcours de personnes ayant vécu un traumatisme et ayant eu le courage de le dépasser se croisent durant 90 minutes. Tous illustrent cette fameuse « résilience », concept développé pour la première fois par Boris Cyrulnik en psychologie à partir de l'observation des survivants des camps de concentration.


Qu'est ce que la résilience?

L'encyclopédie Universalis donne une définition concernant la physique des matériaux : « la résilience (en kg par cm2) caractérise la résistance au choc, elle peut varier suivant le traitement appliqué au métal. »

En anglais, ce terme évoque en plus la robustesse corporelle et la résistance du caractère.

D'origine latine, résilience vient du verbe « salire » qui signifie sauter en arrière , rebondir, rejaillir.

En psychologie, le terme ne se limite pas à la résistance mais implique également que l'individu traumatisé rebondit et se re-construit.

Cf Gabriel Gonnet

Résilier, c’est se reprendre, aller de l’avant après une maladie, un traumatisme, un stress. C’est surmonter les épreuves et les risques de l’existence, c’est-à-dire résister, puis les dépasser pour continuer à vivre le mieux possible. C’est résilier un contrat avec l’adversité” (Manciaux et Tomkiewicz, 2000

Marianne, enfant sexuellement abusée par son père et martyrisée par sa mère, retrace son chemin jusqu'à la création de son association. Maurice-Moshé Roth, ancien enfant caché, aujourd'hui peintre célèbre en Israël revient sur son parcours. Sébastien Serrière qui après un accident de vélo perd une jambe et décide de continuer la compétition jusqu'à devenir champion d'Europe Handiport. Jorge, Julio, Maria, Oscar, Toxos, enfants des rues de Colombie sauvés grâce à la fondation « Circo Para Todos » (Cirque pour tous).

 

Quatre portraits comme exemples de résilience à l'échelle d'une vie. Loin de tout mélodrame, le film est rempli d'espoir. A travers Cicatrices : résiliences, Gabriel Gonnet veut « changer le regard sur les personnes en difficulté ». Pour cela, pas d'interview d'expert, que des personnes directement concernées, « le film renvoie à l'expérience de chacun », explique le réalisateur. Des expériences dramatiques pour tous et cette même capacité à rebondir et à se reconstruire. Avec beaucoup de distance, un des personnages du film illustre cette démarche : «  Dans le malheur, on reçoit le sens de l'humour ». Au-delà de ce point commun, la création artistique est également utilisée par tous comme une stratégie de construction de la résilience.


Un sujet sensible dont l'auteur se sent particulièrement proche. Un message dédié à son fils, décédé à 13 ans, apparaît en début du film. « Mes recherches autour de la résilience sont en rapport direct avec le décès de mon fils Samuel. Ce film a accompagné le travail du deuil de Samuel », explique l'artiste. Co-produit par la Cathode, Télessonne et avec le soutien du centre national de la cinématographie et de la fondation de France en 2008, le film a déjà été diffusé lors des états généraux du documentaire de Lussas et sélectionné aux rencontres internationales science et cinémas de Marseille en 2008. Il est diffusé aujourd'hui à l'occasion de la sortie du livre « Résiliences, cicatrices, Rébellion », comme une continuité du documentaire. L'ouvrage déroule le processus par lequel est passé l'auteur pour réaliser son long métrage : repérage, rencontre, entretien, analyse.

 

Dans la continuité de la soirée, un débat  s'entame autour de la question du droit et de la résilience.  Animée par Monique BOURY, la discussion s'engage entre Jacques Lecomte, Docteur en psychologie, chargé de cours à l'université Paris X , chercheur et auteur de "Guérir son enfance" aux éditions Odile Jacob,  Bernard De France, Professeur honoraire de philosophie et Président de Défense des Enfants Internationale, figure bien connue du 93, auteur de la ”Violence à l’école” aux éditions la Découverte, Latifa BENNARI, Présidente de l'association de prévention et d'information autour de la pédophilie « L’Ange Bleu », auteur de “La fin d’un silence” à AD2 éditions , et enfin Gabriel GONNET, auteur du livre et du film Cicatrices : résiliences et président de La Cathode. Jacques Lecomte a défendu l’idée d’une justice réparatrice qui se passe hors tribunal dans le cadre d'une médiation entre l'agresseur et la victime . Lors d’une rencontre entre les deux parties, l’agresseur  va reconnaître ses torts et s’excuser,  il va entendre et reconnaître  la souffrance de la victime, ce qu'il ne ferait pas dans le cadre d'un tribunal.  Pour le docteur en psyvcologie, cette méthode, qui n’exclut pas les sanctions pénales, permet à la victime  d'obtenir une explication de ce qu’elle a subie et à l’agresseur de pouvoir dire les faits. Latifa benari est de son côté  à contre courant de tout ce qu’on peut entendre sur la pédohilie.  Cette ancienne victime qui a écouté de nombreuses victimes et rencontré des pédophiles pense que ce dernier peut s’amender et commencer un chemin d’abstinence, parce que la pédophilie passe souvent par un “amour irrésistible de l’enfant”. Pour elle, la prévention est donc possible. Enfin, Bernard de France pense que le droit de la société doit rejoindre le droit au sein des établissements. Selon lui, les enseignants et les responsables d’établissements sont à la fois juges et parties. Pour cet observateur de la violence Institutionnelle à l’école, un professeur n’aurait par exemple pas le droit de corriger les copies de ses élèves, ce devait être à un autre enseignant de le faire. Gabriel Gonnet résume le débat, " Dans ces trois interventions, la question du droit est essentielle et fixe un cadre, mais l’approche par la résilience de la personne est déterminante car elle permet de voir celle-ci qu’elle soit victime ou agresseur comme potentiellement porteuse de nouveaux itinéraires."
 


http://www.lacathode.org

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Rédigé par FOL 93

Publié dans #Les associations affiliées

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