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La Ligue Prend Position

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     Aujourd’hui, les institutions sont fragilisées et contestées, les valeurs collectives sont affaiblies, les injustices sont criantes et, par ailleurs, l'individu a pris une place croissante : « faire société » est devenu une nécessité impérieuse. Cet engagement appelle l’examen critique, la réaffirmation et l’invention citoyennes des principes qui peuvent et qui doivent fonder notre « vivre ensemble ». Vivre les uns avec les autres suppose de redonner à chacun confiance en lui-même, confiance en l’autre et confiance dans les cadres collectifs qui protègent et émancipent tout à la fois.

 

 

        i POURQUOI CE MANIFESTE?                                                                                                    

 

1. UN MONDE INCERTAIN ET COMPLEXE

 

En trente ans notre monde a connu des transformations sans précédents et d’une rapidité inédite : évolutions scientifiques et techniques, fin du bloc soviétique et de l’équilibre bipolaire, apparition de grands pays émergents, états démocratiques plus nombreux, élargissement de l’Union européenne, conscience des périls écologiques.  De tels bouleversements auraient pu faire naître une vision plus solidaire de l’humanité.

Au lieu de quoi, un habitant de la planète sur quatre vit avec moins d’un euro par jour et quatre vingt millions d’européens sont sous le seuil de pauvreté. D’importants conflits régionaux persistent et naissent. Les fondamentalismes religieux font de nombreux adeptes. Les replis, les identités closes servent de refuge à l’instabilité et aux peurs et nourrissent les nationalismes.

L’extension planétaire du capitalisme offre chaque jour à une minorité plus de pouvoirs et de richesses, creuse les inégalités, épuise les ressources naturelles et menace la démocratie. La marchandisation s’étend désormais à la quasi-totalité des services  et des biens communs : santé, éducation, culture, information, transports, sécurité, eau potable. Le corps humain lui-même et le vivant en général sont en passe d’être soumis à la loi du marché. La crise financière et économique profonde souligne l'irrationalité et la nocivité de ce système et révèle l'urgence de régulations rigoureuses et d’autres modèles de productions.

Pourtant la mondialisation a d’autres dimensions que l’économie : l’information circule mieux et plus vite, la conscience des interdépendances planétaires grandit, la capacité d’expression et d’action des sociétés civiles augmente, des régulations internationales s’esquissent.

Loin d’être l’outil de délibération et de décision collective qu’elle devrait être, la démocratie se dégrade en jeux d’ombres et pures rivalités de pouvoir qui tiennent les citoyens à l’écart. Quoi d’étonnant dès lors que la participation électorale s’effrite, que la confiance envers les institutions diminue, que l’engagement social et civique s’affaiblisse  parfois?

Les États, pourtant censés représenter les intérêts des peuples, ne semblent pas disposer des moyens et de l’échelle d’action nécessaires. Sont-ils vraiment impuissants ou leurs dirigeants sont-ils cyniques ?

Nous sommes convaincus que l’action politique concertée des citoyens est efficace. Elle l’a été dans l’histoire, parfois dans des conditions dramatiques, et les acquis sont importants. Cette action peut s’appuyer aujourd’hui sur les immenses ressources culturelles, scientifiques, technologiques et économiques de notre pays, de l’Europe et de toutes les régions du monde.

En refusant la résignation, nous choisissons de construire notre propre destin.

 

2.FAIRE VIVRE LA REPUBLIQUE

 

En France le pacte social, républicain et démocratique issu du programme du Conseil national de la résistance a été progressivement vidé de son contenu avant de subir aujourd’hui une démolition en règle. Il s’agit bien au contraire de reconstruire un pacte à même de relever les nouveaux défis de notre temps.

Mais l'invocation essentielle des grands principes républicains sert trop souvent de prétexte pour ignorer les transformations de notre société et préférer les certitudes d'un idéal théorique aux difficultés de sa traduction en objectifs politiques concrets. C’est ainsi que nous ne parvenons pas à dépasser la méfiance à l’égard de la diversité des composantes de notre société, à faire reculer les préjugés et à éviter l’instrumentalisation de la question identitaire ou le recours aux incantations nationalistes. Un profond sentiment d’exclusion a gagné toutes celles et ceux qui souffrent de ne pas être reconnus. Les jeunes des milieux populaires, où qu’ils habitent, en payent le prix fort.

Plus autonomes, les individus sont aussi plus fragilisés. On ne cesse de leur demander d’être toujours plus responsables, plus performants et plus transparents : ils risquent de se retrouver isolés et impuissants, tentés par le repli sur soi ou menacés d’exclusion. Cette société du mépris, des humiliations et de la brutalité des égoïsmes est porteuse de tous les dangers et nous la refusons.

 

3.FAIRE CONFIANCE A NOS CONTEMPORAINS

 

Certains nous proposent une société de concurrence générale et de contrôle fondée sur la défiance mutuelle, la culpabilisation, la peur de l’autre et le seul échange rémunéré de biens, de services et de prestations. Pourtant les exigences nouvelles de la solidarité, de la responsabilité et de la créativité, reposant sur le respect mutuel et la justice sociale, se font plus pressantes. Les protestations contre le gâchis humain et écologique sont plus vives. Les aspirations à un mode de vie moins artificiel, plus convivial et plus équitable, fondé sur l’échange et la gratuité, se renforcent. L’individu moderne, produit d’un lent travail d’émancipation, est mieux informé, plus conscient de lui-même et du monde. La démocratie des individus porte aussi en elle une adhésion réfléchie aux valeurs et cadres collectifs capable de faire progresser les institutions du vivre ensemble.

C’est d’un nouveau contrat social et politique dont la France a besoin, dans une Europe politique et sociale renforcée, capable d'agir pour un monde solidaire.

 

 

        QUELLE SOCIETE VOULONS-NOUS?                                                                       

 

1.UNE SOCIETE PLUS JUSTE ET PLUS SOLIDAIRE

 

« Faire société », c’est faire vivre ensemble plus longtemps quatre générations simultanées dans des espaces plus étendus qui dépassent le cadre national et sont liés les uns aux autres. C’est aussi vivre ensemble les mutations inédites engendrées par les technologies numériques, les sciences du vivant, la crise écologique et leurs conséquences.

Penser et construire un avenir solidaire à l’égard des générations futures nous imposent de reconnaître de manière explicite la même légitimité au principe de progrès et au principe de précaution. Cette visée suppose une économie recentrée sur les besoins, au service des hommes et des femmes. A l’opposé d’une croissance exclusivement quantitative, une telle économie doit être orientée résolument vers un développement qualitatif, solidaire et durable qui permette à chacun de trouver sa place et  de bénéficier d’un revenu digne.

Partout dans le monde, la mise en concurrence de travailleurs aux salaires et régimes sociaux les plus divers doit faire place à la garantie pour chacun d’un travail socialement reconnu et pour tous d’une vie décente. Consacrer à l’économie sociale et solidaire la place qui lui revient, c’est encourager des productions non « délocalisables » et conjuguer la dynamique d’entreprendre avec la recherche d’utilité sociale.

 

2.UNE SOCIETE LAÏQUE PLUS FRATERNELLE

 

Sortons des oppositions stériles pour inventer une nouvelle combinaison entre l’individu et le collectif, entre le singulier et le commun. Faisons le pari d’une unité qui se fonde enfin sur la diversité de la société française, sur la reconnaissance mutuelle de l’égale dignité des personnes et des cultures.

C’est une des sources principales de l’imagination, de l’énergie et de l’enthousiasme dont notre société a besoin pour trouver des issues aux crises qui la traversent. Notre pays n’a aucune raison de s’en priver, sauf à faire perdurer les dominations, les privilèges, les injustices et la résignation.

Faisons confiance aux individus et à leur capacité à puiser dans leurs dimensions particulières les références communes et universelles qui unissent la communauté humaine. La laïcité, qui est d'abord une liberté publique, garantit la liberté de conscience. Elle est le cadre par excellence qui permet de faire vivre et d'articuler cette diversité des cultures, des croyances et des convictions avec des institutions communes, sur la base du respect des droits de l’Homme. Au delà de la nécessaire séparation des églises et de l’Etat, elle engage les différentes cultures à se reconnaître réciproquement. Elle exige le respect de chacun et permet la rencontre de l’autre : ce sont les deux visages d’une fraternité éprouvée qui fondent l’expérience de notre commune humanité.

 

3.UNE SOCIETE D'HOMMES ET DE FEMMES LIBRES ET RESPONSABLES

 

Ces transformations appellent des politiques publiques courageuses et volontaires et des évolutions hardies des règles d’organisation de nos sociétés. Elles reposent aussi sur la mobilisation consciente et volontaire de chacune et de chacun, sur la volonté de prendre en charge ces nouvelles orientations dans la vie quotidienne.

L’indispensable protection des plus faibles par des droits collectifs n’est pas l’assistance. La responsabilité et le rôle de chacun ne se mesurent pas à un quelconque mérite individuel. Les qualités humaines de toute personne et l’attention portée aux autres vont de pair avec les politiques d’intérêt général.

Plus que jamais, l’intuition fondatrice de l’éducation populaire est bien vivante et d’actualité : il ne peut y avoir de progrès humain sans changement des mentalités et conscience individuelle et collective  des enjeux de la condition humaine à l’heure de la mondialisation.

Aussi est-ce par un effort constant de formation  tout au long de la vie que nous parviendrons à vivre ensemble dans un environnement respecté, une qualité de vie réelle et une démocratie plus effective. Une démocratie qui se donne les moyens de mettre en œuvre la liberté et l’égalité en droits garantis par la constitution et d’en conquérir de nouveaux. Une République qui tienne ses promesses : notamment celle d’un accès réel à une éducation initiale et une formation permanente qui permettent  tout au long d’une vie, la construction, l’utilisation, le renouvellement des savoirs, connaissances et compétences que requièrent l’incertitude et la complexité croissantes de la société. Le droit d’apprendre toute sa vie est une des conditions majeures pour faire reculer la fatalité sociale et déverrouiller l’avenir.

C’est dans cette perspective que la formation première à l’Ecole de la République, priorité de la nation, nécessite d’être refondée pour assurer vraiment la démocratisation de l’accès de tous les enfants et les jeunes  aux savoirs émancipateurs. Ses contenus, ses méthodes, son organisation et ses coopérations avec les autres acteurs éducatifs et culturels doivent être repensés pour préparer et accompagner les parcours personnels et les besoins collectifs.

Le monde qui émerge sous nos yeux est porteur d’espoirs autant que de menaces. Chacun doit pouvoir y vivre avec le souci d’un destin commun partagé.

 

 

        FAIRE SOCIETE, MAIS COMMENT?                                                                         

 

1.RECOMPOSER L'ACTION PUBLIQUE

 

L’action publique est longtemps apparue comme seule nécessaire pour définir les besoins essentiels et les satisfaire de manière égalitaire. Il revenait à l’État, au moyen des administrations et des services publics d’assurer l’organisation collective de cette satisfaction. Or de nombreux facteurs ont bouleversé la donne : la diversification croissante des demandes, le souci de réponses adaptées et personnalisées, les carences quelquefois des services publics, financés par tous mais profitant davantage aux plus aisés, la multiplication des acteurs publics avec les différentes collectivités territoriales autant que celle des acteurs privés, les exigences d’une plus grande efficacité conjuguées aux pressions de la concurrence.

Le modèle du marché est venu proposer des modes de satisfaction de la demande plus flexibles sensés répondre à une large gamme de préférences individuelles. Des pans entiers de l’action publique sont abandonnés au secteur marchand. Copiant le modèle du marché, de nombreuses politiques publiques ont recours à des appels d’offre qui mettent en concurrence administrations publiques, associations et opérateurs privés et se contentent de financer la demande en subventionnant les individus. Dans le même temps, l’Etat se recentre sur ses fonctions régaliennes  en renforçant le pouvoir autoritaire des préfets. Cette polarisation entre un marché souple mais profondément inégalitaire et un Etat autoritaire et répressif est une profonde régression politique : c’est une dérive dangereuse pour la cohésion sociale.

Faire société implique de rompre avec cette logique et de promouvoir la construction conjointe de l’action publique entre élus, responsables administratifs et représentants des populations concernées, acteurs ou usagers, au premier rang desquels les syndicats et les associations.

Cette action publique redéfinie se distribue en politiques publiques, qui identifient des problèmes et définissent les modalités de réponses : régulations, organisations administratives adaptées aux politiques retenues et services publics pour des besoins spécifiques. Ces services publics peuvent avoir des statuts juridiques divers : services publics proprement dits de l’état et des collectivités, sociétés d’économie mixte, associations ou même sociétés privées chargées de missions d’intérêt général.

C’est à la collectivité ainsi comprise de définir la nature des besoins à satisfaire, de fournir des cahiers des charges précis quant aux services nécessaires à leur satisfaction. C’est à elle également d’adapter les modalités de l’action publique à la diversité des territoires, d’évaluer l’impact et le bien fondé des politiques publiques. La collectivité doit veiller en particulier à ce que l’accès aux biens communs fondamentaux ne soit pas assuré en fonction du financement direct par les usagers mais réponde aux besoins de la population de la manière la plus égalitaire possible.

A cette condition, l’action publique redeviendra un facteur puissant de réduction des inégalités de niveau de vie. Au lieu de ne voir dans les services publics qu’une dépense entravant la compétitivité économique et le libre jeu du marché, il convient d’évaluer à leur juste part leur valeur productive réelle et leur apport fondamental en matière de richesse nationale, de bien être social et de préparation de l’avenir.

 

2.RENOUVELER LES PRATIQUES DEMOCRATIQUES

 

Au prétexte de lutte contre le terrorisme et plus largement contre l’insécurité, la démocratie subit des régressions inquiétantes : atteintes aux libertés individuelles et au respect de la vie privée, pressions du pouvoir politique sur la justice et les médias, création de fichiers liberticides, rétention de sûreté en raison de la dangerosité supposée de certaines personnes, recours croissant à la détention provisoire, peines plancher, instrumentalisation de l’histoire nationale… Milieux populaires, immigrés et étrangers font les premiers les frais de telles régressions.

Plus que jamais les libertés individuelles apparaissent comme une conquête démocratique à défendre.

Face aux dérives autocratiques qui brisent la confiance des citoyens dans la démocratie, doivent prévaloir la stricte séparation des pouvoirs, la légitimité des élus nationaux à faire la loi et aux élus locaux à gouverner leurs territoires en y associant étroitement et réellement les habitants pour qu’ils en contrôlent également les usages.

Le non-cumul des mandats est une des nécessités d'un renouveau de la vie démocratique.

La place prépondérante des médias dans le fonctionnement de la démocratie oblige à faire progresser la qualité de l’information : dispositions de soutien à la presse dans tous ses supports et à son indépendance économique et politique, charte de qualité de l’information, conseils de presse dans les rédactions, place des usagers des médias, refonte du conseil supérieur de l’audio-visuel, politique d’éducation continue aux médias qui inclue le développement de l’esprit critique et la formation pour un usage créatif et citoyen d’internet et des réseaux sociaux.

« Faire société » n’est pas un simple mot d’ordre pour un supplément d’âme. Nos concitoyens ne pourront en imaginer et en accepter les formes nouvelles que si leurs voix sont entendues. Le bien fondé de la démocratie impose de construire aux côtés de l’indispensable démocratie représentative, une démocratie du dialogue, de la délibération et de la participation. Au dialogue social indispensable, il faut maintenant ajouter le dialogue civil comme ferment d’une participation plus étroite, inventive, conviviale et solidaire des habitants à la vie sociale, culturelle, scientifique, politique et économique de leur pays, notamment par la pratique associative.

 

3.REPENSER LES SOLIDARITES DANS LA SOCIETE DES INDIVIDUS

 

Dans une société démocratique, soucieuse de justice sociale, la solidarité est une traduction politique de la fraternité : elle assure aux individus qui la composent la jouissance effective des droits qui leur ont été préalablement reconnus.

Afin de diminuer d’une manière continue l’inégalité des conditions, la solidarité concrétise la volonté de citoyens égaux en droit de s’acquitter de la dette sociale qu’ils ont envers les autres du seul fait de leur vie en société.

Dans la société des individus, une politique de la solidarité doit affirmer d’autant plus sa dimension première de contrat collectif et de redistribution des richesses. Elle ne se réduit ni à une version moderne de la philanthropie ni à une conception fondée sur la peur et la recherche obsessionnelle de la sécurité.

En matière de solidarité, « faire société », c'est contribuer aux dépenses nécessaires à l’organisation de l’action publique, à la mesure de ses possibilités. C’est d’abord  payer l'impôt comme le stipulent les articles 13 et 14 de la « Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ». La fiscalité s’inscrit au cœur du pacte social. Sa conception doit donc révéler le souci de faire prévaloir la justice sociale. C‘est l’inverse aujourd’hui et depuis longtemps déjà. Il est temps de reconstruire notre système fiscal avec, en particulier, un impôt progressif et général intégrant la contribution sociale généralisée (CSG) ainsi que l’imposition des patrimoines et des transactions. La fiscalité locale doit être réformée et les impôts locaux des ménages calculés sur la base de tous les revenus.

Au-delà de la fiscalité, le financement des risques de santé, de la dépendance et  de la retraite doivent reposer sur la contribution solidaire et mutualiste et le principe de répartition. Compte tenu de l’allongement de la durée de la vie, ce financement et plus généralement les nécessaires solidarités intergénérationnelles doivent faire l’objet d’un vaste débat public pour en asseoir les bases et la faisabilité : vivre plus longtemps est un progrès humain s’il est dignement vécu et partagé par toutes et tous.

La Ligue se prononce pour la construction d’une véritable Europe sociale intégrant une réglementation de la durée du travail, des minima de rémunérations, l’indemnisation du chômage, le droit à la formation et la sécurité professionnelle, une harmonisation progressive par le haut des législations sociales. Ces orientations seraient de nature à recueillir l’assentiment des peuples européens et à légitimer ainsi l’avènement urgent et nécessaire d’une véritable entité politique.

La solidarité ne s'exerce pas seulement entre individus ou entre groupes sociaux : elle est aujourd'hui de plus en plus nécessaire entre les territoires. Aussi, la redistribution des ressources entre territoires et des politiques actives de développement territorial sont  une nécessité de la justice sociale. Cette exigence, avec comme cadre le développement durable, vaut à l'échelle nationale, mais aussi européenne et mondiale.

 

4.DEVELOPPER UNE POLITIQUE DE LA RECONNAISSANCE

 

Qu’elles émanent de groupes ou d’individus, nombre d'aspirations prennent aujourd'hui la forme de demandes de reconnaissance. Ce sont d’abord des revendications de dignité : dignité du travail, des origines, des cultures, des personnes elles-mêmes désirant voire reconnue leur légitimité à faire partie de la société sans conditions préalables. Elles manifestent la volonté d'être entendu dans le débat public et pris en compte politiquement. Parfois confuses, elles témoignent d'une demande de justice et d'un profond besoin : celui d’être inclus dans l'échange social. Certaines de ces demandes doivent être satisfaites par des droits politiques : ce fut le cas hier du droit de vote des femmes, ce devrait l’être aujourd’hui par l'accès au droit de vote local pour les résidents étrangers.

Mais c’est également la demande de reconnaissance de mémoires singulières blessées qui aspirent à être des mémoires partagées. La présence sur un même territoire de personnes et de groupes n’ayant ni la même histoire, ni la même mémoire suppose une volonté de partage réciproque et équitable de ces passés.

Il faut amplifier les dispositifs particuliers de lutte contre les inégalités et les discriminations et les mesures de réparation et de compensation par l'action positive. Il faut une plus grande visibilité mutuelle des groupes et des individus qui les composent, notamment dans les médias et la représentation politique. Enfin, il est urgent d’encourager des formes élargies et nouvelles de participation civique et de consultation populaire, de valorisation de l'engagement social et de prise en compte de la jeunesse comme une ressource culturelle, politique et sociale majeure.

Afin d’assurer l’accès de tous aux droits de tous, il n’y a pas lieu d’opposer l’émancipation fondée sur la citoyenneté et l’égalité des droits à la reconnaissance de la dignité des personnes dans leur diversité.

 

 

        S'ENGAGER POUR FAIRE SOCIETE                                                                         

 

La Ligue  de l’enseignement s’engage solennellement à faire vivre les réflexions et les propositions de son manifeste dans ses positions publiques, sa propre politique, dans ses priorités et dans ses pratiques.

Elle travaillera avec tous celles et ceux qui se reconnaissent dans ces orientations afin de faire prévaloir la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers, individuels et collectifs, ce qui donne à la fraternité son sens profond.

Elle appelle son réseau et ses partenaires, et au-delà à tous les citoyens et les habitants ainsi que les différentes composantes de la société française -partis, syndicats, mouvement associatif, scientifiques, artistes, travailleurs sociaux, éducateurs-  et   les mouvements de la société civile à l’échelle nationale, européenne et internationale à désencombrer l’horizon, à trouver et mobiliser les ressources indispensables pour contribuer à « faire société », pour imaginer demain et retrouver ensemble le goût de l’avenir.

 

 

 

Face aux campagnes xénophobes et aux dérives sécuritaires savamment orchestrées par Nicolas Sarkozy et son gouvernement ces dernières semaines et dont les basses intentions sont évidentes, la Ligue de l'enseignement s'est associée à la mobilisation initiée par la Ligue des Droits de l'Homme le 2 août 2010 dernier.


LA PETITION
Nous vous invitons à signer collectivement et individuellement  et à faire signer largement cette pétition. Vous trouverez toutes les informations utiles sur le site http://nonalapolitiquedupilori.org  (faire ctrl+clic sur ce lien)

 


LES MANIFESTATIONS
D’ores et déjà, 49 organisations ont appelé à manifester dans toute la France,  le 4 septembre 2010 prochain sur la voie publique partout où les conditions seront réunies. Des collectifs se sont déjà constitués dans plusieurs villes.



En cette fin de mois d’août qui annonce une rentrée militante avec notamment des perspectives budgétaires difficiles et un contexte politique et social agité, je vous adresse mes meilleurs sentiments.

Perplexité ! Comment devons-nous comprendre une invitation à débattre sur quelque sujet que ce soit en étant invitée dans des délais aussi courts, ce qui ne permet pas de respecter les règles les plus élémentaires de concertation entre les membres de l’association, règle à laquelle la FOL 93, mouvement d’éducation populaire, est scrupuleusement attachée.

La Fédération des œuvres laïques du 93, est la représentation départementale de la Ligue de l’enseignement qui a contribué à la création d’une école publique, laïque ouverte à tous.

Je souhaite rappeler ici l’article 3 de ses statuts qui fonde et légitime son expression sur la question qui se veut en débat ici :

 

« La fédération fondée en 1967 a pour but au service de l’idéal laïc, démocratique et républicain de contribuer au progrès de l’éducation sous toutes ses formes.

Elle fédère et rassemble des personnes morales et des membres animés du même esprit.

Mouvement d’éducation populaire, elle invite les femmes et les hommes à débattre et agir afin

de permettre à chacun de comprendre la société où il vit, de s’y situer, de s’y exprimer et d’agir en citoyen afin de favoriser à tous les niveaux politiques le développement d’une vie démocratique laïque, soucieuse de justice sociale et attachée à la paix

de développer toutes les initiatives collectives et associatives favorisant l’épanouissement le plus large des personnes par un égal accès de tous à l’éducation, à la formation, à la vie professionnelle, à la culture, à la communication, au sport, aux vacances et aux loisirs

de faire vivre la laïcité, principe constitutionnel et valeur universelle qui implique la reconnaissance de l’égale dignité de chaque être humain, par une action permanente

pour garantir la liberté de conscience, la liberté de culte, la liberté de pensée et l’organisation républicaine des pouvoirs publics assurant la pluralisme des convictions, la liberté d’expression et l’égalité en droit de tous les citoyens

pour combattre les inégalités et toutes formes de discriminations, notamment en raison de l’origine ethnique ou nationale, de la religion ou des convictions, du sexe, de l’âge, du handicap, de l’orientation sexuelle. »

 

La Ligue de l’enseignement de par son histoire, ses valeurs, son engagement et ses actions est donc particulièrement légitime à s’exprimer sur la question de l’identité nationale que ce soit au niveau national ou départemental au travers des actions éducatives que nous conduisons depuis 20 ans sur ce territoire autour de notre rapport à l’autre, mais également autour de la construction d’une histoire commune pour aider à l’élaboration de notre avenir commun.

Ces actions se déroulent en direction de l’ensemble de la population, sans exclusive, population qui est témoin et acteur de cette identité toujours en mouvement, riche des apports de chacun.

«faire société » et « vivre ensemble » restent plus que jamais les objectifs que nous nous sommes assignés

Nous pouvons faire nôtre cette sublime phrase de Martin Luther King

«  Si nous n’apprenons pas à vivre ensemble comme des frères ( et sœurs ) alors nous mourrons ensemble comme des imbéciles »

 

 

Cette question de l’identité nationale arrive dans un climat délétère où l’on stigmatise de plus en plus les personnes issues de l’immigration. Faut-il pour autant abandonner la nation aux extrémistes ?

 

Or, les conditions dans lesquelles ce débat s’inscrit inquiètent.

 

Le soupçon d’un risque d’instrumentalisation et d’une radicalisation dangereuse, d’une vision de l’identité aux relents nationalistes et xénophobes persiste malgré toutes les déclarations que le ministre Eric Besson fait pour convaincre du bien-fondé et de la sincérité de sa démarche.

Comment ne pas relever les contradictions entre, d’une part, la volonté affichée à grand renfort de communication, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, d’un débat sincère et dénué de toute arrière pensée et, d’autre part, les actes mis en œuvre par ce même gouvernement.

Comment ne pas sentir le malaise quand ce débat se déroule

Sur fond de prochaines échéances électorales, les régionales prenant une dimension d’élections nationales

Sur fond de reconduites à la frontière et d’expulsions d’étrangers en situation irrégulière,

Sur fond de stigmatisation de la population en fonction de sa croyance supposée

Sur fond d’une institutionnalisation du religieux comme seule possibilité de relier et transcender l’humain

Sur fond d’exclusion, de relégation sociale.

Sur fond de destruction progressive des services publics dont pour la seule éducation nationale 80 000 postes d’enseignants supprimés depuis 2002

Aujourd’hui, on désigne à nouveau les gens selon leur origine, on stigmatise, on relègue, on exclut, on chasse, ce qui évoque nos pires années de honte.

Je citerai le président de la Ligue de l’enseignement, Jean-Michel Ducomte :

« …Il existe une identité nationale, riche de son histoire et de ses combats d’hier, fière de ses principes dont elle a permis l’émergence, attachée en permanence à leur donner substance. Mais il s’agit d’une identité en mouvement, travaillée par l’émergence d’une diversité culturelle qui va s’accentuant, sous l’influence d’une mondialisation qui ne se réduit pas aux seuls échanges économiques. Le temps n’est plus où, comme Montesquieu nous pourrions nous demander qu’est-ce qu’un Persan, il est à s’inquiéter (à s’intéresser) de savoir comment vivre avec lui. »

 

Nous craignons que ce débat sur l’identité nationale masque des objectifs bien éloignés de cet idéal laïc et républicain auquel nous sommes fondamentalement attachés.

 

Cependant, en dépit ou à cause de ces inquiétudes, la Ligue de l’enseignement a décidé de faire entendre sa voix afin de dénoncer ce qui doit l’être et de veiller à éviter le danger d’instrumentalisation qui guette, d’où notre présence ce soir afin que notre intervention figure au procès-verbal de cette réunion.

La FOL 93 communiquera publiquement sa position sur l’identité nationale en ayant pris le temps d’en débattre autrement que dans la précipitation.

Je le répète, la Ligue de l’enseignement est légitime à débattre de cette question, ce sont les conditions du débat qui posent problème

Nous ne pouvons pas laisser le soin de définir l’identité nationale à ceux qui s’en font une conception rigide.

Fondée en 1866, la Ligue de l’enseignement s’est inscrite dans la filiation de la

Révolution française qui a, en affirmant la souveraineté du peuple, posé la nation comme concept politique. Ce sont les citoyens libres et égaux qui constituent la nation en corps politique : la République.

 

Je vous remercie.


Dans un contexte de crise économique et sociale toujours plus grave, la question du port de signes religieux - non plus à l'école cette fois, mais dans les lieux publics - refait une apparition médiatique tonitruante. Nous ne nous laisserons pas distraire des vrais enjeux, mais burqas et niqabs suscitent une indignation justifiée, dans la société française.

Les principes laïques ne conduisent pas à règlementer les tenues vestimentaires, sauf dans des cas spécifiques relevant de l'ordre public ou de la dignité des personnes. L'importation de coutumes d'Asie centrale excédant les prescriptions coraniques se distancie des pratiques courantes des musulmans de France, qui sont nombreux à s'insurger. Elle manifeste une coupure qu'on peut apparenter à une dérive sectaire. Cette dérive qui isole les adeptes du reste de la société ne saurait être condamnée uniquement pour les femmes qui ne doivent pas être les seules victimes des débats idéologiques. La question décisive est bien celle de l'égalité entre les hommes et les femmes.

Mais, il est évident qu'on ne peut accepter le destin assigné à ces femmes car le port de burqa traduit manifestement une subordination et leur libre choix semble hautement improbable. La réponse à ce type de dérive est complexe. Si une enquête en forme d'état des lieux est nécessaire, la France ne manque pas de chercheurs compétents à qui on peut confier une mission au lieu d'envisager une issue législative débouchant sur un interdit frontal inefficace, voire contre productif car enfermant encore plus les femmes dans leur soumission. Une loi risque de stigmatiser une population et être attentatoire aux libertés d'autant que des dispositions existent qui peuvent permettre d'apporter une réponse ponctuelle au problème.

La seule solution est celle qui allie la fermeté sur les principes et la constance dans le travail d'intégration à la société. Ce travail demande une mobilisation de tous les acteurs, élus, enseignants, militants associatifs, travailleurs sociaux... Cette voie est certes longue et difficile, mais c'est la seule efficace. C'est celle que propose - et met en pratique - la Ligue de l'enseignement.


Nous, associations et syndicats, intervenons jour après jour sur l’ensemble du territoire de la République dans les domaines de :

> l’apprentissage de la langue,

> l’accès aux droits,

> l’accès et accompagnement social au logement,

> l’accès à l’emploi, et à la formation,

> l’accès aux soins,

> la lutte contre les discriminations,

> la promotion sociale,

> l’action culturelle et interculturelle,

> le travail de mémoire,

> l’accompagnement à la scolarité,

> l’accompagnement dans l’accès à la culture,

> l’éducation à la citoyenneté,

> la promotion de la laïcité.

Par ces actions riches d’expériences construites sur des dizaines d’années, de mille savoir-faire, de volontés et d’engagements citoyens, nous avons su préserver les solidarités mises à mal par les crises économiques des 30 dernières années.

Aujourd’hui, ces actions sont profondément remises en cause par le désengagement de l’Etat des politiques sociales et le recentrage sur ses fonctions régaliennes.

D’ores et déjà, les moyens des associations se réduisent et se précarisent ; les conventions pluriannuelles sont mises en cause ; les logiques d’appel d’offre

et de concurrence généralisés « marchandisent » des activités qui se construisent dans la durée et dont la plupart ne peuvent être enfermées dans une logique de marchandisation.

L’Acsé, héritière d’une longue expérience portée par le FAS puis par le FASILD, se voit retirer une grande partie des moyens dévolus aux associations et le

coeur de ses missions d’intégration.

Le ministère de l’Immigration, de l‘Intégration, de l‘Identité nationale et du Développement solidaire diposera d’un Offi ce français de l’immigration et de

l’intégration (OFII), qui sera issu de l’ANAEM et du démantèlement de l’Acsé. Au fi nal, les moyens tant humains que fi nanciers seront considérablement

réduits. L’action se bornera aux étrangers (hors UE) en situation régulière et nouvellement arrivés en France. Les personnes issues de l’immigration, vivant

depuis plus de 5 ans dans notre pays, en seront exclues et ne pourront plus bénéfi cier des actions visant à faciliter leur accès au droit et leur promotion

sociale.

Quant aux autres missions de l’Acsé, elles seront réduites et recentrées sur la mise en oeuvre de la politique de la ville ainsi que sur la gestion de dispositifs

et de crédits, conformément aux préconisations du plan « Espoir Banlieue ». Ce recentrage s’eff ectuera alors même que les quartiers concernés seront de

moins en moins nombreux et en dépit des besoins sur les autres territoires qui ne se démentent pas.

Cela pose bien évidemment la question de l’égalité sociale territoriale.

La révision des missions de l’Acsé s’eff ectue sans information préalable, en dehors de toutes démarches de concertation ou de négociation entre les

pouvoirs publics et les structures concernées.

Nous sommes inquiets de la présentation exclusivement

mécanique et comptable des réformes envisagées, qui ne dénote ni évaluation sérieuse du travail eff ectué jusqu’à présent, ni vision politique à long terme, ni prise en compte des réalités humaines.

Le démantèlement de l’Acsé met en péril le tissu associatif, l’engagement des citoyens dans la vie de la cité, le lien social, les actions de proximité et fragilise

la démocratie. Il condamne à l’isolement les plus fragiles et les plus éloignés du droit, qui à travers la vie associative avaient trouvé des lieux d’expression,

d’intégration, de visibilité et de participation.

Il marque la fi n de toute participation de la société civile (via le conseil d’administration de l’Acsé) à la défi nition des politiques publiques en direction des populations issues de l’immigration, abandonnant ainsi toute participation des migrants eux-mêmes à la défi nition d’une politique publique qui les concerne.

Il entraînera par ailleurs la disparition de milliers d’emplois associatifs et traduira, dans les faits, la fi n de toute réelle politique d’intégration en faveur des migrants installés sur le territoire.

Nous, collectif « associations en danger », refusons cette remise en cause des missions de l’Acsé, l’abandon d’une partie de la population et appelons les associations à agir ensemble.

Nous affi rmons que cet abandon sera un terrible gâchis d’expériences construites sur des dizaines d’années, de mille savoir-faire, de volontés et d’engagements citoyens.

Nous réaffi rmons le rôle fondamental des associations dans la Cité et la liberté d’action des associations, menacée par la logique de mise en concurrence et de marchandisation de l’action sociale.

Nous demandons :

> la reconnaissance des apports des associations, de la valeur de leur expérience comme de leur dynamique

> une reconduction totale des moyens

> le développement et la sécurisation du dispositif adulte relais

> une sécurisation des fi nancements publics, et la généralisation des conventions pluriannuelles

> la mise en oeuvre d’une réelle politique publique d’intégration en faveur des migrants installés sur le

territoire.


Signataires de l’appel

AARAO (alphabétisation et accompagnement des ressortissants d’Afrique de l’Ouest), A.C. ! (Agir ensemble contre le chômage), ACB (association de culture berbère), Accueil Goutte d’Or, Accueil Laghouat, ACORT - Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie, ADELS, AEFTI, AFAVO, AKF (association des Kroumen de France), AFJD, Alphabet Familles, ALIFS, ALS, AMF, APICED, Arc en ciel théâtre, Arpe (accueil relais parents enfants), ARDEVA Ile de France, Art en exil, ASTI (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés), Association des femmes de Francmoisin, A TA Turquie, ATF, ATRIS (anciens travailleurs de Renault), ATMF, Autremonde, Avà Basta, AVDL, Bizarre !, CATRED (Collectif des Accidentés du Travail, Retraites pour l’Egalité des

Droits), CCK (centre culturel kurde), CCPF, CEDETIM, centre social et culturel Hissez Haut, CFDT, Centre social et cuturel J2P, CGT, CIDH (Centre international d’initiation aux droits de l’Homme), Cimade, CNAFAL, collectif « Assos en danger Paris », Collectif des associations de Seine-Saint- Denis, Collectif national des droits de l’Homme Romeurope, Comède, Comité contre l’esclavage moderne, Comité métallos, commun’Arts, Confédération paysanne, Coordination des fédérations des centres sociaux, Coordination des fédérations des centres sociaux d’Ile de France, Coordination Inter associative Goutte d’Or, Copaf (Collectif pour l’avenir des foyers), DAL (Droit au logement), DIDF (Fédération des associations et travailleurs et des jeunes), Elle tourne la page, Espace 19, Espace bénévolat, Espace pluriel, Fecodev, Fédération des centres sociaux du 75, 91, 92, 93 et 94, Femmes Relais 20ème, FFMJC, FIA-ISM (Femmes inter associations – Inter Service Migrants), FNASAT-Gens du voyage, FOL 93 et 37, Foyer de Grenelle, Fréquence Paris plurielle, FSU, FTCR, GAMS, GERMAE, Histoires de Sons, IFAFE, Immigration développement démocratie (IDD), IPAM, La Cathode, La maison du bas Belleville, Ligue des femmes iraniennes pour la démocratie (LFID), Ligue des droits de l’Homme, Ligue de l’enseignement, Maisons des femmes du Hédas de Pau, Mana, MDSL Intervention, Médecins d’Afrique/Europe, Migrations culturelles aquitaine afrique, Migrations Santé, Mission populaire évangélique La Maison Verte, Miva Fed-femmes–tourisme et culture, Mosaïques IDF, Mouvement d’Elles, Mouvement de la paix, MRAP, OASIS, OIP (Observatoire internationale des prisons), Offi ce des migrants de Champigny-sur-Marne, PEC (Union peuple et culture), le Picoulet, RACORT – Rassemblement des Associations Citoyennes des Originaires, RECIT, régie de quartiers Clichy sous Bois Montfermeil La Rose des Vents, Réseau aquitain pour l’histoire et la mémoire de l’immigration, Réseau féministe « Ruptures », Réseau international Frantz Fanon, Service civil international, SFM Clichy, SFM Montreuil, SNPEFP CGT, Soutien changes familles collège, Sud ligue de l’enseignement, Terre des Hommes France, Trait d’Union, UCP 93, UNSA, UTIT

 
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